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Canton

Le sens de l'engagement politique

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Lorsque je me suis engagé en politique il y a quelques années, c’est parce qu’après avoir constaté que toutes mes activités se déroulaient dans l’espace public et toutes à destination du ou des publics, ma réflexion quant à l’intérêt général ne trouvait pas entière satisfaction dans l’action para-politique.

Il me restait toujours au-delà du réel intérêt pour les autres, le sentiment que pour faire évoluer la société et l’intérêt général, il fallait aussi influer sur le cadre et donc sur les règles et les décisions politiques.

Pris entre une vision systémique qui nie l’individu pour se concentrer sur le groupe, et une vision individualiste qui cultive la compétition entre les individus, il me semblait qu’une autre voie devait être tracée : une voie qui place l’homme au cœur de toutes les politiques publiques, qui fait de l’éducation et de la culture le socle de l’édifice, qui envisage l’économie non comme un asservissement mais comme une dynamique qui permette à chacun de s’épanouir au quotidien dans son travail et dans sa vie grâce à des revenus décents,  une vision qui modélise un développement durable pragmatique dans lequel l’écologie est au service de l’homme et non le contraire.

Cette vision consacre l’individu comme un être social, l’homme dans toute sa dimension d’épanouissement personnel au sein d’un corps social où tous les individus sont solidaires, se respectent, s’entraident, et où pourtant chacun jouit d’une véritable liberté personnelle : à l’œuvre, les valeurs sont la liberté, l’égalité, la fraternité…  bref, la République…  et le cadre est nécessairement la démocratie où chacun a des droits, mais aussi des devoirs, où les seules limites à la liberté de chacun doivent être les règles communes, le droit, mais aussi la justice, c'est-à-dire le respect fondamental de l’esprit dans lequel les règles communes ont été adoptées.

Cette voie et ces valeurs fondamentales fondent le courant de pensée politique nommé radicalisme.

Avant de développer plus loin sur mon engagement politique personnel, observons la situation actuelle :

Dans le débat politique aujourd’hui, les citoyens sont sommés de choisir entre trois options, trois chemins à emprunter :

• privilégier la relance de l'économie, d'une économie capitaliste et financière, frappée de plein fouet par la crise, corrigée a minima, qui s'abrite derrière le besoin de croissance pour se limiter à des changements cosmétiques ;
• confier à l'Etat la conduite d'une politique sociale qui réponde à la montée du chômage, lui donner les moyens d'une reprise en main de l'économie, au prix, toutefois, de l'innovation et du dynamisme  (notamment en bridant l’action des petites et  moyennes entreprises déjà écrasées de charges);
• se concentrer sur l'urgence écologique, la lutte contre le changement climatique, la pollution et la dégradation des écosystèmes, quitte à reléguer au second plan les difficultés économiques et sociales que nous rencontrons

Ces positions s'excluent mutuellement, et leurs défenseurs se laissent emporter par les excès de leur thèse au détriment des deux autres. Le capitalisme débridé a déjà fait la démonstration de son mépris pour la protection sociale et de son indifférence face aux pollutions qu'il cause. La rigidité étatique a déjà paralysé l'initiative individuelle et ignoré, ou remisé, la protection de l'environnement. L'écologie, au nom du principe de précaution, impose un frein à l'innovation, et, face à son objectif de remise en ordre de l'environnement, la justice sociale paraît souvent bien secondaire.

A opposer ces trois objectifs, on oublie que richesse, solidarité et environnement sont l'expression d'un même but : améliorer, génération après génération, le bien-être de l'humanité.

Ces trois préoccupations m'ont toujours semblé indissociables : privilégier l'une, c'est choisir de dégrader les deux autres et compromettre l'ensemble :

• pour créer durablement de la richesse, il y a besoin d'un haut niveau de bien-être, qui implique protection sociale et environnement (au sens large, cadre de vie, habitat) préservé ;
• mais pour assurer la solidarité et la préservation de l'environnement, il faut aussi de la richesse à redistribuer.

L'objectif du radicalisme, c'est d'assurer une croissance durable en équilibrant ces trois impératifs et  le projet radical propose des moyens pour y parvenir.

Cela passe tout d'abord par une redéfinition du rôle de l'entreprise et de ses apports, économiques et citoyens.

Je viens du monde de l'entreprise, et j'y ai acquis la conviction que c'est à l'initiative individuelle,  source de l'innovation, qu'il appartient de donner à l'économie son dynamisme, et que l'Etat a pour mission d'inciter, de soutenir, d'aider, mais en aucun cas de se substituer à l'entreprise comme moteur économique.

Mais le rôle de l'entreprise ne peut pas se limiter à la création de richesse. Parce qu'elle est un élément de la cité, parce que les citoyens dépendent d'elle pour leur subsistance, parce qu'ils y investissent une part de leur énergie et de leur créativité, l'entreprise doit être plus qu'une machine économique.

Les entreprises peuvent et doivent être citoyennes, elles doivent se donner des objectifs sociaux, des objectifs civiques, des objectifs écologiques, au-delà des objectifs économiques.

Comme chef d'entreprise, j'ai travaillé à démontrer qu'une telle démarche était possible.

Une entreprise qui fait le choix d'accueillir des stagiaires, pas pour les exploiter mais pour les former, et qui prend le temps de leur apprendre leur futur métier, adopte ainsi une démarche citoyenne.

Une entreprise qui recrute et qui pérennise l'emploi, une entreprise qui répartit plus équitablement les richesses qu'elle crée, une entreprise qui se préoccupe de l'environnement lorsqu'elle définit ses choix de production et de transport, est citoyenne.

Il appartient à l'Etat d'accompagner les entreprises dans cette démarche, de les encourager et de les soutenir. Il appartient aux collectivités locales, dans une logique de concertation et de coopération, d'aider les entreprises à constituer et à entretenir un tissu économique durable.

La prospérité est une responsabilité partagée, elle repose sur l'initiative du privé et sur le soutien du public, et la collectivité, dans son ensemble, doit en profiter.

Si dans cette logique, par exemple, les charges sociales pesant sur l’emploi étaient abaissées, mais qu’en contrepartie les impôts sur les bénéfices étaient augmentés, que se passerait-il ?

Une entreprise embaucherait plus facilement, et pourrait produire avec 5 salariés ce qu’elle produisait avec 4. L’objectif n’est pas de réduire la productivité, mais bien de consacrer le temps dégagé à de la formation, interne ou externe. Ce faisant, les savoir-faire des salariés, leur valorisation et leur épanouissement personnel s’en trouvent également augmentés.

Et cela va aussi dans le sens de l’entreprise qui produit également ainsi des services ou des produits à plus forte valeur ajoutée, reposant sur ces savoirs-faire.

Comment se finance cette baisse de charge ?

En donnant du travail aux demandeurs d’emploi, et en réduisant ainsi le nombre de personnes indemnisées, on réduit également le besoin de financement de la couverture sociale. Qui plus est, ces nouveaux salariés cotisent et consomment, réintroduisant dans l'économie leurs salaires.

En outre, la hausse de la taxation des bénéfices agit comme un régulateur, et constitue la garantie de ce système. Une entreprise qui réalise des bénéfices importants doit faire un choix : soit augmenter ses salariés pour réduire ses bénéfices, soit redistribuer, par l'impôt, une partie de cette richesse.

Dans le premier cas, les salariés étant augmentés, les charges sociales augmentent proportionnellement et leur consommation aussi. Dans le second cas, l’impôt augmenté vient assurer l’équilibre des dépenses sociales.

Cette vision fait des salariés la véritable richesse de l’entreprise et assure un développement économique dynamique et solidaire.

Cela passe ensuite par une redéfinition du rôle de l'Etat, de ses missions et de ses moyens.

La soif d'initiative des acteurs sociaux, culturels, économiques, du pays, impose à l'Etat de recentrer son action : mais dans le périmètre de ses missions, aujourd'hui plus que jamais, nous avons besoin d'un Etat fort.

Parce qu'il fallait réduire les dépenses, parce que les fonctionnaires étaient trop nombreux, parce que l'administration n'était pas assez efficace, la droite a oublié une chose : il y a des missions que l'Etat est le seul à pouvoir remplir, et ces missions, il importe qu'il les remplisse bien.

Sous prétexte de réduire les dépenses, le gouvernement a limité les moyens ; pour diminuer le nombre des fonctionnaires, il les a retirés des services où ils étaient le plus nécessaires ; pour rendre l'administration efficace, il lui a fixé des objectifs irréalistes ou absurdes.

La maîtrise de la dépense publique, la réforme des structures et des collectivités, la mise en commun des moyens pour accomplir des tâches communes, sont nécessaires pour améliorer l'action de l'Etat ; mais elles doivent avoir pour but de renforcer cette action, non de l'affaiblir, dans ses compétences nécessaires.

Ces missions prioritaires, ces missions renforcées, ce sont celles qui garantissent, à chacun, l'égalité des chances.

Garantir l'égalité des chances, c'est proposer, dès le départ, une éducation de qualité, c'est offrir aux jeunes les moyens de réussir, c'est faire le pari de l'insertion par l'enseignement des sciences et des langues, de l'histoire et de l'économie, de la culture et des arts, pour leur donner les clefs pour comprendre le monde et le changer : c'est faire confiance à l'école de la République et lui accorder les moyens d'y parvenir.

Garantir l'égalité des chances, c'est mener une politique de l'emploi volontariste, c'est soutenir de toutes ses forces les structures d'insertion, publiques et privées. C'est refuser la logique productiviste, déshumanisée, du Pôle Emploi dont chaque conseiller suit plus de 300 dossiers. C'est affirmer au contraire que pour aider une personne à retrouver un emploi, il faut prendre le temps de l'écouter et de la connaître, c'est mettre les moyens pour y parvenir.

Garantir l'égalité des chances, c'est assurer la solidarité à toute personne confrontée aux aléas de la vie, c'est lui reconnaître un droit universel à la santé, au logement, à la sécurité, à la dignité, qui est la condition indispensable à son épanouissement et à son bien-être.

Garantir l'égalité des chances, c'est faire en sorte que tout citoyen, qu'il vive à la ville ou à la campagne, qu'il vive dans une cité ou dans un centre urbain, bénéficie d'un accès proche aux services publics. C'est mener une vraie politique d'aménagement du territoire, lutter contre la logique de désertification rurale et de désengagement des banlieues.

Cela passe, enfin, par la régénération du lien entre l'individu et la collectivité : la citoyenneté.

Etre citoyen, c’est un ensemble de droits mais aussi de devoirs. Pour que chacun ait conscience de ses devoirs, il faut d’abord qu’il ait pleine conscience de ses droits et que l’Etat en garantisse la jouissance.

Je place la culture au cœur de tout à cet endroit précisément, car elle permet à chaque individu d’avoir le sentiment d’appartenir à un groupe à travers des références communes, à travers une lecture du monde qui se partage et se transmet. Elle assure la cohésion sociale bien plus sûrement que toute force de coercition, mais à condition d’être envisagée à travers de véritables politiques culturelles. Cela implique des médiations, mais aussi et surtout la reconnaissance de ce secteur comme un véritable pan de l’économie. J'aurai l'occasion de développer ce sujet, cette relation entre la culture et la citoyenneté, dans de futurs articles.

Il a parfois été question d’intégration, d’assimilation aussi, mais on les a présentées alors d’une manière qui visait toujours exclusivement les populations immigrées et d’origine immigrées, alors que l’exclusion sociale est aujourd’hui, me semble-t-il, plus signifiante.

Je voudrais ici proposer le concept d’héritage et de patrimoines immatériels. Et justement en commençant par les individus d’origine immigrées ou immigrées.

Pour moi, vouloir les intégrer ou les assimiler est un non-sens absolu, poussant même au communautarisme de manière contre-productive, en voulant faire nier à des individus une part essentielle de leur identité. Pour faire se sentir français un enfant français né de parents immigrés, il me semble qu’il faut absolument que cette part étrangère de son identité soit valorisée comme une richesse et que l’on consacre des moyens conséquents dans les politiques culturelles à valoriser les cultures d’origine. Mais pas comme une culture vivante et de création en France, mais bien comme l’entretien d’un patrimoine, le sien et celui de la France dans son histoire.

Comme on préserve le patrimoine historique, il me semble que l’on doit préserver le patrimoine immatériel. Si l’individu sent que la culture de ses parents à toute sa place, et qu’elle est constitutive de la culture française, il se sentira français à son tour et respectera les valeurs de la France et de la République. Le respect ne se décrète pas, il se construit.

Cette approche, elle est valable pour tous les Français.

Tous ceux qui sont victimes d’exclusion sociale doivent retrouver le lien avec le corps social, avec la collectivité, par la culture, par une éducation, même des adultes, pour qu’ils renouent avec l’héritage et le patrimoine que leurs familles ne leur ont pas transmis ou que la misère leur a fait oublier.

Il faut pour cela mettre en place des dispositifs qui restaurent la dignité de l’individu, qui lui rappellent qui il est et quels rapports il entretient avec les autres, avec le monde et avec le corps social. Peu importe les moyens à mettre en œuvre, et les entreprises doivent prendre leur part aussi, il ne sera possible de lutter contre toutes les discriminations et la fracture sociale qu’en restaurant d’abord ce lien entre l’individu et les autres, la citoyenneté.

Il faudra ré-enseigner la laïcité, non point comme une contrainte mais comme le cadre de tolérance qui permet à tous de s'épanouir au sein de la collectivité.

Il faudra redonner du sens à la politique à travers une démocratie participative non truquée, redonner confiance aux citoyens dans la politique à travers des contrats d’objectifs mesurables y compris au plan le plus local, de la transparence à l'action politique en expliquant les choix.

Il faudra soutenir l'action des associations, qui permettent à la fois une vie sociale, l’épanouissement des individus par l’utilité et l'engagement, mais aussi une mise en œuvre concrète et vécue de l’intérêt général.

Alors quid finalement de mon engagement politique ?

Profondément démocrate, laïque, républicain, tout le sens de mon engagement politique, cette volonté inébranlable d’emprunter cette voie qui place l’homme au cœur de toutes les politiques publiques, qui fait de l’éducation et de la culture le socle de l’édifice, qui envisage l'économie, l'environnement et la solidarité comme autant de piliers sur lesquels reposent l'épanouissement individuel et le bien-être collectif, qui implique respect et entraide, liberté et devoirs, découle d'une foi immense en l’Homme et en l’individu.

Cette voie, qui ne saurait être complète sans l’inscrire également en se tournant vers le cadre politique européen et militer pour une Europe fédérale, à laquelle on donnerait à la fois la mission et les moyens de la mener à bien, cette voie est aujourd’hui pour moi incarnée avec force dans le courant de pensée radicale.

Se plaçant au-delà des clivages gauche-droite, le radicalisme a une histoire intimement liée avec celle de la République et si les  aléas politiques du 20ème siècle ont scindé ce radicalisme en deux centres gauche et droite, la pensée qui les sous-tend demeure, au-delà des options d’alliance de l’un ou de l’autre, qui non seulement ne sont jamais définitives et pré-acquises, mais qui plus encore sont des chemins différents pour faire advenir une pensée politique commune dans ses fondements et ses valeurs.

En ce qui me concerne, j’ai choisi d’adhérer au Parti Radical de Gauche, assuré de ma liberté de pensée et parfaitement en phase avec mon engagement politique initial.

Ceux qui veulent en savoir plus trouveront ici le programme (http://www.planeteradicale.org/contenu/docs/149/Programme_Radical_Web.pdf ) et je serai ravi que tous ceux qui partagent les valeurs développées ci-avant viennent me rejoindre pour les porter plus fortement.

Merci à tous ceux qui auront eu le courage de me lire… A très bientôt.

Arnaud Weber.

Commentaires  

 
0 #1 Pour un état moins fort 16-04-2010 20:28
Oui, radicalisme si tu veux, centrisme Mouvement démocrate pour d’autres. On est sur des même thématiques générales, même si elles sont nuancées. L’économie doit avant tout servir aux citoyens, et pour cela il faut encourager le risque, l’ingéniosité et le travail. Dans le cas contraire l’économie s’effondre et plus personne n’en profite. On est d’accord.

Par contre, bien sûr que non. Nous n’avons pas besoin d’un état fort. Nous avons besoins de collectivités locales fortes. Seuls les bassins de vies, les actions de proximités sont aujourd’hui capables de créer véritablement des emplois et de générer de l’innovation. Le temps des lourds plans quinquennaux est bel et bien fini. Aujourd’hui on est dans une économie de fourmi, de tissage, de pôles, très localisée et très émiettée. Il nous faut donc surtout un renforcement du pouvoir local face au centralisme étatique, qui reste dogmatique et aveugle aux réalités locales. La république de Paris, c’est du passé. Elle n’est plus capable de jouer son rôle et remplir sa mission première qui fut l’égalité des chances pour tous. Il faut passer maintenant, à la république des régions, la république des Français, des Gascons, des Corses, des Basques, des Bretons, des Picards, des Chtis, des Alsaciens etc…

Comme le communisme, le jacobinisme, l'idée d'un état central fort s'occupant de tout, est une philosophie d’un autre siècle. Du passé dépassé, juste bon pour les ringards de la politique.
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0 #2 RE: Le sens de l'engagement politique 16-04-2010 21:00
"il y a des missions que l'Etat est le seul à pouvoir remplir, et ces missions, il importe qu'il les remplisse bien."

Je pense que tu as un peu surinterprété... pour ma part, je ne souhaite pas que les programmes de l'école soit définis au plan local. Je ne souhaite pas que chaque collectivité soit garante de l'ordre public seule, je ne souhaite pas non plus que chaque collectivité édicte seule la politique culturelle, je ne souhaite pas non plus que les collectivités terroriales soient seules garantes de la solidarité, et ainsi de suite...

Pourquoi ? parce qu'il y a des disparités de ressources entre les collectivités à travers la France, même si des péréquations existent... Pourquoi, parce que cela me semble important qu'un élève de Lille fasse programmatiquement les mêmes études qu'un élève de Marseille... Pourquoi encore ? Parce que je ne veux pas que le maire de telle ou telle ville décide que la culture c'est ce qu'il aime et uniquement ce qu'il aime, et ainsi de suite...

Un Etat fort n'est pas nécessairement jacobin, et si tu lis ce que j'ai écrit, il y est plutôt encouragé une gouvernance intelligente entre les collectivités et l'Etat... et cet Etat est garant de la cohésion et de la cohérence des politiques au niveau national, du respect des principes comme l'égalité, la fraternité, la liberté, la justice et de la santé aussi par exemple... et s'il veut avoir les moyens de garantir cela, il faut qu'il ait suffisamment de personnels là où c'est nécessaire...


Si tu préfères un juge qui soit fonctionnaire municipal et que le président de la Région décide qu'il n'y aura jamais danse chez lui, ou encore que ce n'est pas utile d'avoir des effectifs de police dans tel ou tel coin de son territoire, ou bien encore que les lycéens chez lui iront tous en cours le soir et ne feront que de l'espagnol... etc...


Ton interprétation est tellement caricaturale que je pense Philippe que tu aurais du lire d'abord ce texte avec un peu moins de sectarisme dogmatique et c'est pourquoi je te fais aussi une réponse caricaturale... l'emploi n'est pas le seul secteur abordé dans ce texte et un état fort concernait essentiellement toutes les missions de service public qui garantissent l'égalité des chances pour tous les individus : justice, santé, sécurité, éducation, culture, entre autres... et cela ne se fait pas au détriment des collectivités, évidemment... et cela ne se fait pas dans un affrontement état fort contre collectivités faibles, mais dans une gouvernance, un état fort peut aussi travailler avec des collectivités fortes, c'est une question de répartition claire des compétences et de partenariat intelligent.. le ringard t'invite à relire le texte...
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0 #3 Pour la décentralisation 16-04-2010 23:53
L’état fort, blindé, sur-centralisé, sur-burocratisé est une catastrophe pour la France et un non sens politique, démocratique, et culturel.

Il y a une inondation ici. Qu’a cela ne tienne on rase tout là-bas! Et puis c’est tout ! Voilà un bon exemple du bonapartisme centralisateur de Paris que tu défends.

Seule une décentralisation équilibrée et respectueuse des citoyens pourra redresser la France.

Tu parles d’égalité devant l’éducation nationale, tu parles d égalité devant la santé, d’égalité devant le droit à la sécurité, à la justice, le tout garanti par l’état ….Mais tu fais rire tout le monde.

Dans tous ces domaines, justement, une gestion plus locale, proche des citoyens, rendant compte aux citoyens, avec bien entendu des garanties générales nationales, offrirait justement bien plus de chances et d’égalité à tous….
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0 #4 RE: Le sens de l'engagement politique 17-04-2010 03:01
Bah écoute philippe, je vois que tu es venu pour débattre sur le fond alors je te laisse débattre tout au fond même...

Je ne crois pas que dans une discussion, l'agressivité donne plus de poids aux arguments...

il y a des évidences pour moi sur lesquelles je ne comprends pas qu'il faille plus argumenter... intéresse toi aussi au rôle des maires dans ce qui n'a pas été fait pour empêcher les inondations et tu auras aussi quelques éléments de réponse...

Tu prends une situation mal gérée pour en faire un principe de gouvernance... et je ne peux que te répondre que là, ce n'est pas une question de gouvernance mais de décideurs et de mauvaises décisions...

En même temps tu défendais une liste autonomiste aux régionales, donc ton obtusion reste cohérente... permets juste aux autres de vouloir un autre modèle dans lequel l'état joue son rôle et les collectivités aussi et pas les unes contre l'autre, ni l'autre écrasant les premières...

Je ne remets pas du tout en cause la décentralisation et je pense même qu'elle doit être accélérée, améliorée, mais la décentralisation n'implique pas l'abandon de l'Etat sur les politiques qui doivent être organisées de manière nationale...

Peut-être cette subtilité t'auras échappée, mais je te le redis, un état fort ne signifie pas des collectivités faibles... et je maintiens qu'un certain nombre de politiques ne peuvent être menées que par l'Etat avec des moyens suffisants pour le faire, et cela ne signifie pas non plus des dépenses supplémentaires, mais une organisation rationnelle de celles-ci...


En conclusion je te propose quelques citations dont je te laisse chercher l'auteur et la source (un indice, ça date de 2007)

LA RÉFORME DE L’ÉTAT
Améliorer l’efficacité de l’action publique, dans tous les secteurs. Il y a des secteurs qui exigent
une garantie de moyens, comme l’Éducation nationale, ou une augmentation comme la Recherche, la Justice ou l’Université

UN CONTRAT ENTRE L’ÉCOLE ET LA NATION
Garantir pendant 5 ans les moyens de l’Éducation nationale et se mettre d’accord sur des
objectifs à atteindre qui seront vérifiables.

>> c'est pas un plan quinquennal, ça ? ;-)

Et pour conclure quelques liens...

www.humanite.fr/2001-12-01_Politique_ELECTIONS-Francois-Bayrou-tente-de-serrer-les-boulons

>> dernier paragraphe...

www.bayrou.fr/opencms/opencms/propositions/fonction-publique.html

www.modem-nanterre.fr/.../Apr%C3%A8s-la-disparition-de-nos-usines,-c-est-au-tour-des-bureaux
>> regarde la dernière ligne ;-)

Ne pas confondre "état fort" avec état omniprésent, ominpotent, centralisé et coûteux... ...
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0 #5 Mathématique, cela est 17-04-2010 17:40
Tu me connais depuis longtemps, je ne suis pas agressif, c’est juste ma façon d’écrire…un peu incisive quelques fois…Disons que j’essaye de ne pas employer 50 mots pour éviter de dire le seul qu’il faut dire…

Tu dis que je défendais une liste autonomiste au régionales. J’ai soutenu Alsace Démocrate. Tiens ? La partie Autonomie de l’Alsace m’a complètement échappée dans le programme. Mais peut-être que tu peux me retrouver la page ?

Par contre oui, je reste cohérent à mes engagements, MOI, merci de le rappeler ici, c’est sympa de ta part.

Tu dis, « Un état fort ne signifie pas des collectivités faibles »

Sauf qu’il n’y a pas de mystère, le nombre de compétences publiques est limité. C’est le principe des vases communicants. Si on réparti plus d’un côté ou de l’autre, et bien cela renforce ou affaiblit un côté par rapport à l’autre. C’est mathématique.
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0 #6 RE: Le sens de l'engagement politique 17-04-2010 18:08
Je me demandais bien qui serait le premier à venir avec cet argument spécieux sur le fait de rester fidèle à ses engagements, tiens... je ne pensais pas que ce serait toi, mais bravo, donc... je te laisse avec cette afirmation, n'ayant pour ma part au contraire que l'impression d'avoir poursuivi le même chemin, avant le modem, au modem et après le modem après avoir tenté d'y mettre en pratique ces engagements et ces convictions... à lire ton blog, je constate d'ailleurs que tu t'interroges sérieusement sur la campagne des régionales que vous avez mené... certains colistiers ont encore moins de doutes... D'autres, comme moi, avaient refusé avant la manière dont se passaient les choses...

Je n'ai pas l'intention de parler éternellement de cela d'ailleurs ni du modem qui n'a plus que ses opposants internes et externes pour se faire entendre, tant il aura été bouffé par sa gouvernance chaotique et les bons petits soldats qui pleurent aujourd'hui, alors que s'ils avaient bien voulu comprendre les râleurs qui le voyaient aller dans le mur, il en aurait été autrement...

Je l'ai quitté, n'y revenons pas. Lorsque j'ai démissionné, je l'ai fait avec je crois un peu d'empathie et pas de dénigrament, donc ne m'y ramène pas en venant ici m'agresser de n'avoir pas voulu rester dans ce marasme...

En ce qui concerne l'autonomisme, écoute, je pense que tu n'as pas assez suivi la campagne d'Alsace démocrate peut-être... relis donc le programme, les déclarations et vos soutiens et tu en sauras sans doute plus...

Quant à l'Etat fort, je pense que tu m'as mal compris. Sarkozy surfe sur la question de l'Etat fort, mais avec pour lui un Etat qui impose, qui contrôle, qui domine, qui contraint et qui accule, qui fait de l'ingérence dans tout ... l'Etat fort que je défends n'est pas celui là du tout : celui que je défends, c'est celui qui protège, qui régule, qui accompagne, qui donne la ligne générale et qui garantit à tout individu de bénéficier des mêmes chances...

Et en aucun cas cet Etat fort ne viendrait empêcher la décentralisation, ni affaiblir les collectivités... je ne comprends pas cette dialectique. Ton principe mathématique, s'il était vrai, signifierait que dans une équipe de foot, si les attaquants sont forts alors la défense est faible et le gardien est nul... Je ne vois pas pourquoi l'on ne pourrait pas envisager une société où l'Etat est fort sur ses compétences régaliennes, où les entreprises sont des acteurs respectés et impulsent la dynamique économique et dans laquelle les collectivités jouissant de compétences décentralisées importantes créent des politiques locales performantes, en cohérence avec l'Etat...
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0 #7 RE: Le sens de l'engagement politique 18-04-2010 21:09
Bravo (sincèrement) pour ton dernier commentaire. Ton humour m'a bien fait rire. Je ne sais pas où tu as été chercher cette histoire d'équipe de foot. Ça n'a rien a voir, mais bon, bien!

Je suis critique sur le MoDem, oui, et il le mérite. Mais je ne quitte pas. Je ne lâche pas le morceau. Il doit se rénover. On y arrivera.

Au niveau de l'avant-régionales, vous avez manœuvré comme des bleus. S’allier à « l’innommable » comme vous l’avez fait, pour des raisons d’intérêts personnels, alors que vos sentiment envers lui étaient connus de tous, et en plus de façon aussi brutale, vous a mené directement à la fracture et à votre perte. Cela a érigé un mur de protestation contre vous et vous y avez perdu votre âme. La sincérité et la droiture politique envolées, la confiance n'est plus.

Donc, oui comme les bleus de Domenech.
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0 #8 RE: Le sens de l'engagement politique 18-04-2010 21:19
Bon, ben si tous les modems actuels sont devenus aussi démocrates que toi, franchement, je ne regrette rien... Je ne me suis allié avec personne, je pense que là encore tu n'as pas tout suivi et pas lu la plupart des compte-rendus mais ce n'est pas grave... ton mur de protestations, je ne sais pas où tu l'as vu, mais ce devait être un muret et vu de là où vous étiez cela vous empêchait de voir l'horizon, je pense... je tiens à ta dispo tous les mails de sympathie que j'ai reçu de tous les adhérents et anciens adhérents avant, pendant la campagne et depuis que j'ai décidé de quitter le modem, constatant qu'il s'était suicidé... Quant à ma droiture politique, à part toi, personne ne la remet en cause, y compris parmi ceux qui sont restés au modem et qui m'en ont donné acte.. Ne perds pas ton temps avec moi, cela ressemble à un militant du modem aigri qui cherche ses responsables en dehors du modem...

Concentre toi sur la rénovation, elle devrait être bien meilleure maintenant avec Anne, Thomas et Yann Wehrling ;-)
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0 #9 RE: Le sens de l'engagement politique 19-04-2010 17:29
Fallait bien que quelqu'un le dépucelle, ton nouveau Blog.

Philippe, a vo't service!
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0 #10 RE: Le sens de l'engagement politique 20-04-2010 09:08
Oui, philippe c'est vrai... bon, sinon, je devais encore une réponse... même si l'exemple aurait pu être mieux choisi, lorsque je parlais d'équipe, ce que je voulais te dire, c'est que ma vision républicaine m'empêche de considérer les collectivités territoriales et l'Etat comme des adversaires ou comme devant être dans un rapport de force, mais plutôt comme une nécessaire synergie au service de l'intérêt général... Et dans cette optique, il ne doit pas y avoir de rapports dominant/dominé... la notion d'Etat fort n'implique pour moi que la volonté que l'Etat joue pleinement son rôle et s'engage fortement dans un certain nombre de prérogatives, sans exclure évidemment la décentralisation et des collectivités performantes...
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0 #11 Parti Radical de Gauche 26-04-2010 11:06
Salut Arnaud....
Si je comprends bien ( je commence à vieillir, parfois j'ai du mal!) tu es membre du P.R.G.....Si tel est le cas je te félicite et je pense que tu as tout à fait ta place au sein de cette identité politique originale et très particulière. J'ai été membre de cette formation ( parti c'est un peu prétentieux) durant plus de 20 ans et j'ai fait mes bagages avec beaucoup de tristesse mais sans en avoir le choix!. J'avais trahi ( SIC) en rejoignant Jean-Claude Petitdemange et me suis fait dézinguer par les vieux Radicaux qui rêvaient encore du "grand soir" main dans la main avec le Parti Socialiste!.Le Parti Radical de Gauche commence à comprendre...Mieux vaut tard que jamais...... La place des Radicaux est au centre. L'identité Radicale a été bradée par ceux qui ont vendu leurs âmes aux grands Partis. D'un laboratoire d'idées nous avons dérivés obtenant le statut de "composantes" mais bientôt tout cela va enfin changer.Tu imagines l'amertume des vrais Radicaux ( de Gauche et Valoisiens) lorsqu'ils ont pris conscience que Bayrou venait de leurs piquer la place qui était la leur....Aujourd'hui l'identité Radicale doit reprendre sa place au coeur d'une nouvelle forme de Centrisme. J'ai longtemps souhaité la réunification des Radicaux mais certains Valoisiens sont davantage UMP que Radicaux et Certains PRG davantage Socialos que Radicaux... Aujourd'hui il existe une véritable place au centre pour les véritables Radicaux. Je te souhaite bonne chance, je sais que tu es déterminé et courageux. Je ne te ferai pas d'ombre mon engagement étant ailleurs mais je reste à ton entière disposition car j'ai bienn connu la machine.
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0 #12 @ Philippe Loubry 27-04-2010 19:27
Oui, Philippe, tu as bien compris et je partage ton analyse. Je te fais un mail privé. A bientôt.
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